« Au commencement
était l'Enfant... »
Chers amis, chers
lecteurs, chers spectateurs, me voici qui reviens vers vous pour vous
parler de ce qui se mijote dans mon petit monde. Ceux qui me connaissent savent que je n'aime pas résumer en trois
lignes, ni même en dix, ce que je voudrais raconter en entier, je
m'en excuse par avance... Si vous me l'accordez, donc, je voudrais
vous raconter une histoire pour partager avec vous ce qui occupe mon
cerveau à l'heure actuelle...
C'était il y a vingt ans
– dix-huit, exactement – une petite fille cherche à s'occuper
pendant les longues heures de ses journées d'école. Elle ne peut
s'empêcher de créer, son esprit fourmille et son hyperactivité
cérébrale lui fait prendre un stylo. Elle teste, rature, s'amuse.
Naît alors une calligraphie, une écriture et de là, tout un monde.
Ainsi est né le Félot, une grosse planète (quatre fois la Terre)
et ses habitants imaginaires, son Impératrice, ses voyages spatiaux
et son écologie irréprochable. Elfes, nains, humains, animaux
fantastiques et autres créatures merveilleuses cohabitent en
parfaite harmonie. Quelques histoires apparaissent entre les
exercices de math et de français, des personnages naissent,
disparaissent, des mots gribouillés, des dessins, des billets de
fusée, des rêves de petite fille... Mais elle ne s'arrêta pas là,
au fil des années émerge tout un tas de croyances, légendes d'un
monde en devenir, mœurs et coutumes de peuples lointains, évolutions
de langages, de graphismes, d'atmosphère... Elle continue d'aller à
l'école et son cerveau de fourmiller. Elle a bientôt vingt ans et
sur les coins de ses cahiers de collégienne, de lycéenne puis
d'élève de l'université traînent, ça et là, des morceaux de
carte du Félot, des notes sur les légendes, des phrases en félotin,
des courbes calligraphiées, des morceaux d'un rêve toujours en vie,
d'un monde en gestation et qui ne dira pas son dernier mot de si
tôt... Bientôt naît alors LA question : qui a créé ce monde
et comment ? C'est le début d'une grande aventure, une genèse
prend forme dans sa petite tête, une épopée, des épopées, des
personnages, toujours plus loin, toujours plus précis... elle
n'arrête plus sa plume devenue clavier et pense, pense, réfléchit,
se creuse la cervelle cherchant LE lien entre toutes ses histoires...
Puis un jour, il n'y a pas si longtemps, il est là, devant elle,
elle le voit, enfin !
« Au commencement
étant l'Enfant... »
Me voilà, quelques
dix-huit ans plus tard, chers amis, chers lecteurs, chers
spectateurs, devant le plus gros projet d'écriture qu'il m'ait été
donné d'imaginer : Du Félot de mes huit ans au Dorante de mes
quinze ans, en passant par Libellule et ses papilulles, les Fous de
Bas Sang et tant d'autres, voici que prend forme le Monde de mes
rêves. Je travaille depuis quelques mois déjà au plan de ce récit
– de ces récits – qui un jour, je l'espère, pourront piquer
votre curiosité au point de vous y plonger et -qui sait- toucher un
peu votre âme d'enfant dans ce monde d'adultes de substitution...
Je ne vous en dit pas
plus et vous laisse avec cet extrait de mon travail :
« L'imperturbable
et éternel chant des fidèles résonnait dans la Crypte Sanctifiée
du Temple de Félot. Les timbres de milliers de voix se mêlaient
pour s'accorder en une psalmodie parfaite ; chant et clameur
d'une foi partagée. Ils faisaient vibrer le cœur de l'immense ville
en un battement sourd et régulier.
« Ec'h éicrèm
Tnafne'l »
La prière s'élevait
jusqu'au Fel dans les brumes de l'aurore.
« Ec'h éicrèm él
Lèf ! »
Les vents de la saison
chaude gonflaient les grappes fleuries des Alcias.
« Ec'h éicrèm él
Lèf ! »
« Je remercie le
Fel »
Grâce au Fel, cette
gigantesque étoile qui protégeait la Planète, les félotins
avaient lumière et chaleur sur leurs terre plus de six mois l'an.
Et dans l'extase de leur
sempiternel été, les peuples en chantaient les louanges.
Chacun savait, au
cœur de son propre cœur, quelque soit son origine, son accent et
son espèce, chaque habitant du Félot savait. Depuis la nuit
des temps ce savoir leur avait été transmis, d'abord par les
Maîtres eux-mêmes puis des Maîtres au apprentis et enfin de ceux
qui savaient le flot des
fidèles avait reçu la Parole. Chacun savait,
au cœur de son propre cœur, que l'Enfant avait créé le Monde et
que les Maîtres les avaient créés eux, les fidèles des fidèles,
les êtres des êtres, et leur gratitude ne pouvait être
qu'infaillible.
Ils
savaient aussi que
l'autre morceau de leur monde, le morceau de la planète Originelle
qui était restée auprès de l'Enfant, se trouvait au lointain
centre de l'Univers. Poussière futile comparée au Félot, grain de
sable flottant au cœur même du Cosmos, ils savaient que quelque
part leur planète sœur attendait.
Ni
terre promise, ni même berceau de leurs peuples, elle était pour
les Félotins l'Origine oubliée du Monde où les premiers êtres de
chair vivaient et évoluaient sous les yeux du Dieu Enfant, puisant à
même son sein l'opulence de la vie et l'assurance de la paix.
« Ec'h
éicrèm, éc'h éicrèm, éc'h éicrèm ! »
« Je
remercie, je remercie, je remercie ! » »
To be
continued...
Morgane
Lesteven
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